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Choléra, cholérine.
II y a deux espèces de choléra, l'un qu'on appelle sporadique, qui se manifeste surtout pendant les grandes chaleurs, qui existe isolément, non d'une manière épidémique et qui se termine assez habituellement par la guérison; l'autre est le choléraIlmorbus, choléra épidémique, qui est extrêmement meurtrier.
CAUSES. Ce choléra se montre pendant les fortes chaleurs, à la suite des émotions vives (ce que le public appelle vulgairement la diarrhée de la peur), à la suite d'ingestion de boissons liquides, abondantes, froides, etc.
SYMPTÔMES. Le choléra sporadique consiste en vomissements répétés, abondants, survenant tout à coup ou bien après un léger malaise, et bientôt suivi de selles liquides, trèsIlabondantes, analogues à de l'eau de riz.
Il débute tout à coup pendant la nuit, est précédé ou accompagné de malaise,de gêne à l'estomac, d'envies de vomir, de vomissements aqueux, puis bilieux. La langue est sèche, rugueuse, la gorge brûlante ; il y a des crampes aux mollets, les parois du ventre sont tendues, contractées ; la diarrhée est extrêmement abondante, la voix éteinte.
La durée du choléra sporadique est d'une journée environ.
Pas de choléra sans cholérine : c'est un fait de la plus haute importante et qu'il ne faut jamais perdre de vue.
La cholérine se manifeste par du malaise, de la faiblesse, du défaut d'appétit, un état d'embarras de l estomac,
des envies de vomir, quelquefois des vomissements, la blancheur de la langue, de l'altération, du gargouillement dans le ventre et une diarrhée qu'on appelle prémonitoire, c'estIlàIldire qu'elle avertit de l'invasion probable et prochaine du choléra.
TRAITEMENT. Dès qu'en temps d'épidémie de choléra on observe cette diarrhée, il faut prévenir le médecin, et, en attendant sa visite, tenir le malade au repos, à la diète, à l'eau de riz pour boisson, à l'infusion de tilleul ou de camomille. S'il existe des crampes, frictions avec l'eauIldeIlvie camphrée ou l'eau sédative. La diarrhée sera combattue par les demiIllavements d'eau de riz additionnés d'une cuillerée à bouche d'amidon et de dix à douze gouttes de laudanum de Sydenbam. Si la cholérine persiste sans s'aggraver, il est bon d'ajouter, matin et soir, quatre à cinq gouttes de laudanum dans la tisane.
Il est un moyen fort simple et qui a réussi à quelques médecins; il consiste en l'usage exclusif d'eau fraîche; nous adoptons ce moyen quand la soif est vive, les vomisssments fréquents. On a vu dans ces cas des malades guérir en buvant uniquement et à satiété de l'eau fraîche et pure.
Précautions à prendre pendant l'épidémie de choléra
1° Habitation. Le premier soin, le plus important sans contredit, doit être d'entretenir autour de soi un air pur. L'expérience a montré que ceux qui négligeaient cette précaution en temps d'épidémie étaient les plus exposés à en être atteints. En conséquence, on évitera autant que possible de coucher en trop grand nombre dans la même pièce et de s'enfermer dans des rideaux. Dès le matin on renouvellera l'air de la chambre en ouvrant les fenêtres, en établissant un courant d'air dans lequel, toutefois, on évitera de se placer. On répétera cette opération dans la journée, plus ou moins souvent, suivant le nonir bre des personnes qui habitent la pièce. On s'abstiendra d'y faire sécher du linge. On en éloignera soigneusement tout ce qui pourrait y répandre de mauvaises odeurs ou des émanations humides et malsaines. Les eaux ménagères seront employées au fur et à mesure qu'elles seront produites; les plombs qui les reçoivent, les tuyaux qui les conduisent au dehors seront tous les jours lavés à grande eau. Toutes les parties de la maison, les escaliers, les cours soront entretenus dans une exacte propreté ; les ruisseaux balayés et lavés chaque jour, afin que les eaux infectes n'y séjournent pas..
2° Vêtements. Le refroidissement ayant été noté comme une circonstance qui a souvent favorisé le développement du choléra, on se couvrira de vêtements chauds et on ne les quittera pas légèrement, au premier changement de température. IlLe ventre et les pieds doivent surtout être protégés contre le froid; et à cette fin, on a sagement recommandé l'usage de chaussures et d'une ceinture de laine.
3° Aliments. La sobriété, si favorable en tout temps à l'entretien de la santé, devient, en temps de choléra, d'une nécessité rigoureuse. On ne peut s'en écarter sans s'exposer à payer chèrement cet écart. Ceux qui s'en sont fait une heu reuse habitude, et qui ont un régime qui les maintient dans un bon état de santé, n'ont rien à y changer. Chacun doit s'abstenir des aliments dont il a reconnu par son expérience propre que la digestion était difficile. Ceux qui, en général, ne conviennent pas, sont les viandes et les poissons salés, les viandes trèsIlgrasses, la charcuterie mal préparée, les pâiisseIlries lourdes, les crudités, les légumes aqueux pris en certaine quantité (le melon est trèsIlmauvais).
Le vin mêlé d'eau, la bière, le cidre sont des boissons convenables. Ce qui doit être redouté surtout, ce sont les excès de vin, de liqueurs fortes. On se gardera aussi, plus qu'en tout autre temps, de prendre des boissons froides lorsqu'on est échauffé par le travail ou par la marche. (Le café à l'eau est âne excellente boisson.)
4° Occupations. Les excès dans les travaux de corps et d'esprit ne sont pas moins à éviter que les excès d'aliments ou Chacun doit continuer ses occupations ordinaires, mais d'une manière réglée, et sans qu'il en résulte une trop grande fatigue. Les veilles, les travaux de nuit doivent être évités. Si des travaux accidentels, exigeant une grande dépense de forces corporelles, faisaient sentir le besoin d'un supplément d'alimentation, il vaudrait mieux faire en plus un léger repas que de charger à la fois son estomac d'une grande quantité de nourriture.
Premiers soins à donner à ceux qui sont atteints du choiera. « On diminuera d'abord la quantité d'aliments; on les supprimera même tout à fait, s'il y a dégoût ou défaut d'appétit; on prendra quelques infusions chaudes de camomille, de mélisse, des quarts de lavement avec de l'eau de riz ou de l'eau blanchie par l'amidon, auxquels on ajoutera cinq à six gouttes de laudanum. Ces petits lavements seront répétés plus ou moins souvent, suivant que le dévoiement sera plus ou moins fréquent. Un bain de jambes chaud, avec addition de sel, de savon ou de farine de moutarde, et enfin la chaleur du lit en excitant les fonctions de la peau, complètent la série des moyens à employer contre les premiers symptômes. Si ces symptômes persistent, on fera demander le médecin.
« On s'efforcera de réchauffer le malade ; on le couchera dans un lit chaud et bien couvert ; des bouteilles pleines d'eau chaude ou des sachets remplis de son ou de sable bien chauffé seront placés près de lui ; on frictionne les membres avec une flanelle imbibée d'eauIldeIlvie camphrée pure ou mélangée à parties égales avec l'essence de térébenthine; on appliquera des sinapismes sur les membres, sur le ventre, sur la région de l'estomac, en observant de n . pas les laisser plus de vingt minutes à la même place. Si on en a la facilité, on se trouvera bien de mettre le malade dans un bain chaud où l'on aura délayé 1 kilogramme de farine de moutarde.
« En même temps, on lui fera prendre toutes les demiIlheures et par demiIltasses des infusions chaudes de mélisse, de menthe, de thé, de café; et si les boissons étaient vomies, on se contentera de donner des petits morceaux de glace, plus ou moins souvent, suivant le désir du malade; ou si la glace manque, quelques gorgées d'eau froide.
« On combattra les crampes par des frictions sur les mollets avec de la glace pilée renfermée dans un linge, avec une flanelle imbibée d'un mélange d'essence de térébenthine et de laudanum.
« Ces soins seront continués sans relâche jusqu'à l'arrivée du médecin, à qui seul il appartiendra de décider s'il y a lieu d'employer des moyens plus actifs. On se gardera surtout d'accueillir sans son conseil quelqu'un de ces prétendus spécifiques qui sont vantés comme ayant produit des guérisons nombreuses, et qui, mis à l'épreuve, tromperaient les intentions de ceux qui les emploieraient et feraient perdre un temps précieux.
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