|
|
| |
État nerveux
CAUSES. Le tempérament nerveux est celui qui prédispose le plus au développement du nervosisme ou état nerveux. Ce tempérament peut être né avec nous ou bien acquis. Il est acquis par suite de la vie qu'on mène, des peines, des chagrins, des émotions, des privations qu'on a dû subir, par suite d'une nourriture insuffisante, d'un travail excessif, de l'allaitement prolongé, de maladies longues, qui ont donné lieu à l'affaiblissement de la constitution, à la pauvreté du sang, à la chlorose. Besoins factices, abus des plaisirs, abus de travail, excès de toute nature, vie efféminée passée plutôt dans les rêveries de l'imagination que dans les travaux manuels, passions dépressives, telles que le remords, la jalousie, la haine, l'envie, les pertes de fortune, de per sonnes chères, déceptions, ambition non satisfaite, etc., telles sont les principales causes du tempérament nerveux acquis. Le sexe féminin et l'âge adulte sont ceux où se remarque ce tempérament.
Le tempérament nerveux est une exagération ou une diminution de sensibilifé, d'intelligence et d'activité.
SYMPTÔMES. Les gens nerveux sont changeants, bizarres, capricieux, d'un caractère souvent difficile et capable de tout. Ils se plaignent de maux de tête, d'estomac, de palpitations, d'insomnie, d'impossibilité de marcher, ce qui ne les empêche pas de passer de longues soirées dans les plaisirs. Leurs digestions sont lentes, pénibles, difficiles, accompagnées de gaz, qu'ils rendent par le haut et par le bas ; la constipation est fréquente.
TRAITEMENT. Le régime qui convient aux personnes nerveuses a pour base l'exercice corporel; cet exercice doit être modéré d'abord et l'on n'oubliera pas que le travail manuel est le meilleur des médicaments : il fortifie le corps, rendle calme à l'esprit, augmente l'appétit. Les personnes nerveuses feront ellesIlmêmes leur ménage; ce moyen avait jadis été employé avec succès à la cour, et les grandes dames s'en trouvaient fort bien : elles s'occuperont de jardinage, feront ellesIlmêmes leurs acquisitions en ville, et marcheront à pied, n'oubliant pas qu'on digère mieux avec ses jambes qu'avec son cerveau.
Ces personnes prendront des bains fréquents, bains chauds prolongés, si elles sont excitables, bains froids de courte durée, douches, hydrothérapie, bains de mer, bains salés, bains toniques, alcalins, si au contraire elles sont énervées. La natation sera pour elles un excellent exercice, et, à défaut de natation, l'hydrothérapie. L'hydrothérapie administrée avec intelligence peut calmer l'excitabilité nerveuse ou bien vaincre l'apathie.
Pas de lectures frivoles, pas de veillées prolongées où l'on s'épuise doublement le corps et l'esprit, peu de travaux qui laissent l'imagination libre, comme les travaux d'aiguille; mais, autant que possible, la via au grand air, en pleine campagne.
On rencontre bien quelques femmes nerveuses à la campagne ; mais cellesIllà le sont devenues ou bien parce qu'elles vivent dans l'oisiveté, ou bien parce qu'elles ont éprouvé des
chagrins violents, des pertes de sang excessives, ou bien parce qu'elles ont trop longtemps allaité leurs enfants, ou bien parce qu'elles ont subi de grandes privations. A cellesIllà, le travail, âne nourriture plus succulente, mieux appropriée S la susceptibilité de l'estomac.
|
|