|
|
| |
Phlegmon et abcès
Le phlegmon est une inflammation profonde située dans la peau et sous la peau.
Cette inflammation peut disparaître insensiblement, on dit qi>e le phlegmon se termine par résolution; l'inflammation peut augmenter au point de donner lieu à la formation de pus, on dit alors que le phlegmon se termine par suppuration ou par abcès. L'abcès est donc constitué par la présence du pus.
SYMPTÔMES. Le phlegmon donne lieu aux quatre symptômes suivants : 1° tumeur ou gonflement delà partie; 2° rougeur ; 3° chaleur ; 4° douleur. . Ces quatre symptômes varient en intensité selon le volume du phlegmon, selon qu'il esî superficiel ou profond, selon qu'il est recouvert d'une peau plus ou moins dure, comme à la main des artisans, par exemple ; selon qu'il est limité ou bien qu'il est très-étendu ou diffus. Plus l'inflammation éprouve d'obstacles pour s'étendre, plus les douleurs sont vives et les conséquences graves.
TRAITEMENT. Le phlegmon est souvent accompagné de fièvre, de courbature et réclame le traitement de lafièvre, repos, boissons rafraîchissantes. La partie malade sera tenue le plus élevée possible, condition indispensable pour que le sang n'y afflue pas. Si le phlegmon est à la main, on la tiendra en écharpe ou bien on gardera le lit, la main, l'avant-bras et le bras placés sur des cousins de paille d'avoine. S'il est à la jambe, on lui donnera une position analogue.
Le pansement du phlegmon consiste en fomentations émollientes et calmantes, en cataplasmes de farine de graine de lin, ou bien de décoction de têtes de pavots et de graine de lin, en cataplasmes émollients et calmants, renouvelés plusieurs fois par jour. L'usage de ces cataplasmes et la position suffisent quelquefois pour amener la résolution du phlegmon.
Si au lieu de disparaître insensiblement le phlegmon continue à faire des progrès, la peau devient plus rouge, plus chaude, plus luisante, plus tendue : la douleur, plus vive, se manifeste par élancement ; le phlegmon offre une saillie au milieu, le centre devient quelquefois blanchâtre, et si Ton presse avec le doigt, on sent que la peau cède; c'est qu'il y a formation de pus. Que faire? On peut employer des onguents maturatifs , de l'onguent de la Mère qu'on étale sur un morceau de toile et qu'on applique sur l'abcès. Ce moyen est bon quand l'abcès est petit, quand la suppuration se forme lentement, quand le malade est peureux. L'ouverture avec la lancette ou le bistouri est beaucoup préférable, parce qu'une petite incision ne laisse pas de cicatrice et évite le décollement de la peau, ensuiteparce que l'instrument donne lieu à une évacuation plus complète et plus abondante de pus. Nous ne saurions trop engageràfuir les conseils bienveillants mais souventerronés des personnes qui recommandent tel ou
telonguent. L'avis du médecin est encore à préférer.
Si l'abcès s'ouvre seul, le pansement consistera d'abord en cataplasmes pour faciliter la sortie du pus; on pressera légèrement sur les bords de la plaie, puis en pansera avec le linge enduit d'huile ou de cérat. Si le médecin a ouvert l'abcès, c'est
lui qui fera connaître le pansement approprié.
Les maçons, les maréchaux et toutes les personnes qui se livrent à des travaux manuels rudes sont exposés à des phlegmons de la main. Ces affections sont d'autant plus graves chez
seux que la peau est plus extensible : aussi leur conseillerons-nous de ne pas attendre longtemps avant de consulter un médecin. Faute de s'y soumettre, ils s'exposent aux accidents les plus graves et même à la perte de la main. Pour eux, le meilleur remède est sans contredit l'ouverture prématurée de l'abcès.
Quant à la maturité de l'abcès, c'est une question qu'on juge trop légèrement : il n'est pas nécessaire que la peau soit blanche pour qu'un abcès soit mûr, il suffit que le doigt sente de la fluctuation. Le médecin est le meilleur juge de l'opportunité de l'ouverture de l'abcès ; mais nous répétons qu'il est des abcès pour lesquels on peut attendre, tandis qu'il en est d'autres qu'il faut faire ouvrir promptement,
|
|