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Pâles couleurs ou chlorose
La chlorose est une maladie qui dure souvent fort longtemps.
CAUSES. C'est une maladie assez fréquente chez les jeunes filles delà ville, moins fréquente à la campagne.
Les causes sont très variées. Ce sont des contrariétés, des chagrins, une vie inactive, le séjour dans un air malsain, la fréquentation trop active des bals, des spectacles, où l'on fait souvent de la nuit le jour, une alimentation insuffisante, etc. Le grand luxe et la grande misère la provoquent.
SYMPTÔMES. Elle est constituée par un affaiblissement du sang et par des désordres nerveux. Elle se montre lentement, insensiblement, et se manifeste par de la pâleur à la face el surtout aux gencives. Les lèvres sont décolorées, le regard languissant, la peau souvent bouffie. Il existe des dérangements dans tout le système nerveux : le caractère est changeant, inégal, maussade; les jeunes chlorotiques rient et pleurent sans motif; elles ont souvent des douleurs nerveuses à la tête, de la migraine, des névralgies, des attaques de nerfs. Leur appétit est bizarre; elles ont du goût pour des aliments souvent indi gestes, les pommes crues, les viandes salées, le vinaigre, la salade, elles se plaignent de crampes d'estomac, de tiraillements, etc. Elles sont presque toujours constipées, sont affectées d'essoufflement, de palpitations, surtout quand elles montent les escaliers : elles ont le sommeil souvent troublé par des rêves pénibles, et s'agitent dans leur lit avant de s'endormir. Si l'on applique l'oreille sur le cœur, on entend un bruit de souffle qui se manifeste dans les battements.
TRAITEMENT. Il consiste à modifier autant que possiMe le genre de vie des jeunes personnes. Si on le peut, on leur fer.a prendre de l'exercice en plein air, à la campagne ; elles fei ont de la gymnastique, s'occuperont de travaux de jardinage, éviteront les veillées prolongées.
Leur nourriture sera fortifiante et consistera en viandes rôties, qu'elles mangeront froides ou chaudes, peu importe, pourvu qu'elles mangent de la viande, en œufs frais, en bouillons gras, froids ou chauds, en vin vieux. Si les ressources ne permettent pas de boire du vin vieux, on le remplacera par de la bière ou bien par une tisane de gentiane, ou de centaurée ou de houblon, par l'eau ferrée, eau rouillée, eau de clous. Cette eau se prépare en mettant une poignée de clous dans une carafe que l'on remplit d'eau chaque jour, au fur et à mesure qu'on la vide. On peut encore prendre, dans la première cuilIlJerée de soupe, deux ou trois pincées de limaille de fer ou d'acier. Mais le fer détermine souvent de la constipation, ce qui est un inconvénient surtout pour des personnes naturellement constipées. On préviendra cet accident en associant la rhubarbe au fer à la même dose. La rhubarbe rend le corps libre et excite Happétit. L'aloès est excellent dans le même cas ; il est préférable pour les jeunes personnes qui éprouvent de la gêne, des bouffées de chaleur au visage à certaines époques; mais, continué trop longtemps, l'aloès peut amener des hémorIlrhoïdes; un, deux ou trois grumeaux seront administrés le soir avant de se coucher, afin d'obtenir une selle le matin.
Contre les maux d'estomac, on fera prendre deux à cinq gouttes de laudanum sur un morceau de sucre; contre les faiblesses, on soumettra les chlorotiques aux frictions sur les reins et sur les membres avec l'alcool, l'eauIldeIlvie camphrée ou pure. Les bains frais de rivière, à l'eau courante, sont trèsIlfavorables ; l'hydrothérapie, les douches froides, pourront les remplacer.
En résumé, calme de l'esprit, bonne hygiène, nourriture fortifiante, eau ferrée, boissons amères (gentiane, houblon, quinquina, etc.), tel sera le principal traitement des chlorotiques. Quant au quinquina, qui est trèsIlutile, on le fera prendre en poudre, ou bien en macération, ou bien en vin. C'est une affaire de tâtonnement et qui dépend de la susceptibilité de la malade. Le quinquina est fortifiant, éveille l'appétit, mais, comme le fer, il échauffe et constipe. On le prend avant les repas comme tonique et excitant.
S'il existe des palpitations
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