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Gourmes
On appelle gourmes certaines éruptions de la face, du cuir chevelu, qui sont souvent accompagnées du gonflemerit des glandes du cou. Quelques personnes pensent encore que ces maladies sont salutaires et qu'il faut bien se garder de les guérir.
CAUSES. Les gourmes sont le plus souvent le résultat d'un état lymphatique général, d'une mauvaise constitution.
Il ne faut pas les laisser sans traitement, comme quelques gens le croient ; il ne faut pas non plus les traiter localement seulement, c'estàdire qu'il ne faut pas se borner à leur appliquer des cataplasmes, des poudres ou des pommades.
Ces gourmes sont désignées sous le nom à'impetigo, de dartres impéligineuses, eczémateuses.
SyMPTOMES. A la tête, elles donnent lieu à un suintement muqueux, assez abondant, ayant une odeur désagréable, qui se dessèche et se convertit en croûtes, collant les cheveux sous forme de larges plaques irrégulières. Une nouvelle éruption se fait sous ces plaques et s'étend dans le voisinage. Ces gourmes occasionnent des démangeaisons assez violentes, pendant lesquelles les enfants se grattent et s'écorchent : souvent les ganglions ou glandes du cou s'engorgent et peuvent suppurer. Si les enfants ne sont pas tenus proprement, il se développe des poux qui ne sont pas, comme le croient encore cerlaines personnes, la santé du corps : au contrnire.
Ces gourmes peuvent durer longtemps ; elles font quelquefois tomber les cheveux, mais ils repoussent, ce qui n'a pas lieu pour la leigne.
A la face, les gourmes occupent les joues, les paupières, le derrière des oreilles, les lèvres, le menton. Elles sont constituées par des pustules qui contiennent un liquide jaunâtre, qui se dessèche et forme ainsi des croûtes qu'on appelle croûtes
laiteuses.
TRAITEMENT. Doiton guérir les gourmes? Oui, assurément ; mais il y a des précautions à prendre. Si les gourmes existent chez des enfants lymphatiques, pâles, bouffis,de mauvaise constitution, on ferait mal de traiter directement les gourmes, sans s'occuper de la constitution ; c'est dans ces cas qu'il pourrait dans la suite survenir des accidents. Chez ces enfants, il faut d'abord fortifier le tempérament, à l'aide de l'huile de foie de morue (une ou deux cuillerées chaque jour), du sirop de quinquina, du bouillon gras, et la promenade au grand air. On les fera coucher sur des matelas de fougère, de varech. En forfifiant la constitution, il n'y a aucun inconvénient à guérir les gourmes. En même temps, ou appliquera sur les parties malades des cataplasmes de fécule de pomme de terre, d'amidon, de riz, que l'on renouvellera deux ou trois fois. On lotionnera avec la décoction de graine de lin ou de racine de guimauve ou de son. On nettoiera la tête avec une brosse douce, jamais un peigne.
De temps en temps, on fera prendre une petite purgation, à moins que l'huile de morue ne produise un effet. La purgation consistera en manne, ou mieux en soufre sublimé, une demicuillerée à une cuillerée à café délayée dans du sirop ou dans des confitures.
Chez les enfants qui ne sont pas lymphatiques, le traitement local cidessus suffit généralement. On y joindra quelques légères purgations, et l'usage d'une tisane amère antiscrofuleuse(79).
Si les gourmes occupent le visage, si l'on ne peut appliquer des cataplasmes, on enduira les parties de cérat simple, de crème, d'huile, à l'aide d'un pinceau, d'une barbe de plume. On saupoudrera ensuite avec la poudre de riz, d'amidon ou fécule. Si les gourmes siègent derrière les oreilles, on appliquera un petit linge qu'on aura soin d'enduire de cérat. Nous insistons sur ce point ; car on a l'habitude de mettre le linge sec; il s'humecte du liquide qui sort des pustules; il devient adhérent, et quand on l'enlève, on fait saigner la peau qui s'irrite et s'enflamme. C'est quelquefois le point de départ des abcès qui surviennent sur les côtés du cou, et qui laissent ainsi d'horribles cicatrices.
Estil nécessaire d'appliquer un vésicatoire au bras ? Non ; l'est une plaie de plus, sans profit. Le vésicatoire serait indispensable si la suppuration s'arrêtait brusquement ; dans ce cas, il pourrait empêcher l'humeur de se porter ailleurs. Fortifiez la constitution, elle fournira moins d'humeur ; purgez les enfants, l'humeur s'en ira parles selles; mais n'établissez pas inconsidérément ces vésicatoires, qui le plus souvent sont placés sans utilité. Le médecin est seul juge des circonstances où les vésicatoires sont utiles ou inutiles, et il ne faut jamais en appliquer sans prendre son avis.
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