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Goutte et rhumatisme
La goutte et le rhumatisme sont des maladiesd'une durée souvent fort longue, et pour
lesquelles on a toujours besoin des avis du médecin. Cependant il est quelques précautions que doivent prendre les personnes affectées de ces maladies, et nous croyons faire une chose utile en leur indiquant la conduite à suivre.
Ce qu'il faut, avant tout, aux goutteux et aux rhumatisants, c'est un air sec, pur, peu exposé aux variations atmosphériques ; c'est l'existence au soleil, au grand air, la vie des champs en un mot. Les chambres qu'ils habiteront seront exposées au soleil, non humides ; les lits seront éloignés des murs, si les murs ne sont pas secs; dans ce cas, les murs seront garnis de planches ou de paillassons. On n'habitera pas dans des maisons neuves; il faut au moins un an pour qu'une maison en plâtre soit suffisamment sèche.
Les vêtements seront chauds : la flanelle est le meilleur des v&ements ; aussi les goutteux et les rhumatisants dei'rontIlils porter des caleçons de flanelle.
Le régime alimentaire sera sobre. Pas de vins blancs, à moins qu'ils ne soient coupés avec beaucoup d'eau, et encore sontIlils mauvais. On ne mettra pas non plus les malades à l'usage de l'eau pure, qui pourrait affaiblir l'estomac.
La nourriture ne sera exclusivement composée de légumes ou de viandes ; mais elle sera variée et appropriée le plus possible à la faculté digestive de l'estomac. Le thé et le café devront être à peu près abandonnés.
On entretiendra les fonctions de la peau par les bains et par les frictions sèches ou aromatiques, pas un exercice modéré.
On évitera tout ce qui pourrait troubler les digestions, comme l'équitation, la promenade en voiture immédiatement après le repas.
Les chagrins exposent à la goutte, parce qu'ils troublent le travail digestif.
Il y a des remèdes à employer quand apparaissent les fortes douleurs de goutte et de rhumatisme : en attendant le médecin, on pourra toujours appliquer des cataplasmes landanisés
sur les parties douloureuses, ou bien des cataplasmes de morelle.
Après des attaques violentes de goutte, on a obtenu de bons effets par l'usage des fumigations de tabac. Tous les huit jours, à partir du moment où l'attaque est passée, ie malade expose les articulations qui ont été prises à la fumée de feuilles de tabac brûlées sur un réchaud. La chaleur doit être vive et la fumée est reçue dans des couvertures de laine, dont on enveloppe les parties malades.
Toutes les causes susceptibles d'éveiller les douleurs dans une partie du corps n'agissent nulle part plus vigoureusement que sur celles qui ont été le siège de la goutle. Ainsi, une chaussure trop étroite suffira souvent pour provoquer le retour d'une attaque, et, dans quelques cas, ce fait pourrait être mis à profit pour rappeler au pied des douleurs de goutte, quand ces douleurs, ayant trop brusquement cessé, le goutteux éprouve des accidents, des troubles du côlé de la poitrine ou des intestins, ou du cerveau, troubles qu'il importe de faire cesser.
Comme la goutte est une maladie qu'on n'observe que dans les classes aisées de la société, les personnes qui en seront atfectées iront aux eaux de Vichy, de Néris, de Gontrexeville, pour compléter leur guérison.
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